France 5 supprime « Vu », le dernier zapping critique du service public. Dernier numéro le 30 juin 2026. Officiellement : des coupes budgétaires. En réalité : on éteint un regard critique sur les médias. Il nous reste quelques semaines pour faire reculer la décision.
Les faits, datés et sourcés. Une décision prise sans débat public, annoncée d'abord à l'équipe.
France Télévisions informe l'équipe de « Vu » que l'émission ne sera pas reconduite à la rentrée. Aucune concertation préalable avec le public.
Dernier numéro programmé. « Vu » rejoint la liste des quotidiennes supprimées, avec « Flavie en France » et « Bel et bien ensemble ».
La dotation de l'État à France Télévisions a baissé d'environ 80 millions d'euros entre 2025 et 2026. La direction invoque aussi de « faibles audiences ».
La juxtaposition brute d'extraits diffusés la veille sur toutes les chaînes. Le montage fait la critique : au spectateur de voir et de juger.
17 personnes font « Vu » chaque jour — 4 permanents et 13 intermittents. Derrière une « ligne budgétaire », des emplois et un savoir-faire de montage unique en France.
Dix signataires — dont la Société des journalistes de France Télévisions, Pascale Clark, Patrick Cohen, Pierre Lescure, Fabrice Arfi, Guillaume Meurice et Charline Vanhoenacker — appellent la direction à revenir sur sa décision. Voir les soutiens ↓
Officiellement, « Vu » s'arrête « pour des économies ». Mais ces économies ne tombent pas du ciel — elles ont un contexte politique très clair.
L'extrême droite (RN) et son allié l'UDR inscrivent à leur programme la disparition de l'audiovisuel public par privatisation. Jordan Bardella l'a confirmé ; le RN a même lancé une pétition « pour la privatisation ».
En octobre 2025, l'UDR déclenche une commission d'enquête sur « la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public », au rapporteur UDR. Des défenseurs de la presse y voient une offensive contre le service public. Rapport publié le 5 mai 2026.
29 mai 2026 : France Télévisions annonce la suppression de « Vu » — précisément un programme qui exerce un regard critique sur les médias. Affaiblir le service public, c'est servir l'agenda de ceux qui veulent sa fin.
« Vu » n'est pas né à France Télé. C'est l'héritier direct du « Zapping » de Canal+, créé par Patrick Menais en 1989 — même principe : monter bout à bout les images des chaînes pour les donner à voir, et à juger.
En juillet 2016, après l'arrivée de Vincent Bolloré à la tête du groupe, Canal+ écarte Menais et arrête « Le Zapping ». Motif officiel : un litige de marque. Mais son ton critique envers Bolloré a très largement été perçu comme la vraie raison de fond.
C'est alors le service public qui l'a recueilli : dès janvier 2017, l'équipe relance le concept sous le nom « Vu » — exactement sa mission. L'ironie, aujourd'hui : ce regard critique chassé du privé par Bolloré, c'est désormais le service public lui-même qui l'éteint.
Capitulation devant l'extrême droite, ou simple gestion comptable ? Dans les deux cas, c'est le pluralisme qui recule — et l'esprit critique qu'on éteint.
Précision, par honnêteté : France Télévisions justifie l'arrêt par des raisons budgétaires et d'audience, et aucun document ne prouve une consigne politique directe. Ce que les faits établissent, c'est le contexte : une offensive assumée de l'extrême droite contre l'audiovisuel public, et un étranglement financier qui en sert mécaniquement les objectifs.
Ce n'est pas « qu'une émission ». C'est un outil démocratique rare que le service public a le devoir de protéger.
En confrontant les discours des chaînes, « Vu » apprend à décrypter l'image et l'information. C'est de l'éducation aux médias en acte — une mission inscrite au cahier des charges de France Télévisions, fixé par décret.
Mettre côte à côte ce que disent les médias d'un même événement, c'est rendre visible le pluralisme — et ses angles morts. Aucun autre programme du service public ne le fait quotidiennement.
Héritière du « Zapping » de Canal+, « Vu » constitue une mémoire vivante de la télévision française. La supprimer, c'est effacer une archive critique du présent.
Quatre minutes par jour pèsent une fraction infime du budget. Sacrifier « Vu » au nom des économies, c'est couper là où le service public est le plus utile — et le moins cher.
Et si « Vu » faisait déjà une partie du travail de l'ARCOM ? Le régulateur de l'audiovisuel agit surtout a posteriori, sur signalement : il faut qu'un téléspectateur s'émeuve pour qu'un dossier s'ouvre. L'équipe de « Vu », elle, regarde toutes les chaînes, tous les jours — et donne à voir ce qui s'y dit, en continu, sous les yeux de tous. Télérama lui reconnaît d'ailleurs un « rôle indispensable de vigie » du paysage audiovisuel.
Supprimer « Vu », c'est éteindre cette vigie quotidienne au moment précis où l'on en aurait le plus besoin. Justement : interpeller l'ARCOM ↓
Le 23 juin 2026, une tribune publiée dans Télérama appelle France Télévisions à revenir sur sa décision. Elle est signée par des professionnels de l'audiovisuel et des médias — dont la rédaction de France Télévisions elle-même.
« Vu n'est pas seulement une émission, c'est un regard, un espace de liberté (…) Nous refusons que disparaisse cet œil critique posé sur les médias et sur notre temps. »
Parmi les dix signataires : la Société des journalistes de France Télévisions (SDJ) — c'est-à-dire les journalistes de la maison qui s'opposent publiquement à la décision de leur propre direction. Ce n'est plus une mobilisation extérieure : c'est la rédaction qui parle.
Un éclairage qui prolonge le propos : « Qui veut museler l'information ? » — une vidéo de la chaîne Actu Réfractaire.
Vidéo hébergée sur YouTube (chaîne Actu Réfractaire). Elle ne se charge — et ne dépose de cookie — qu'au moment où tu cliques sur « lecture ».
La mobilisation du 16 juin en images Le résumé du rassemblement devant France Télévisions — vidéo sur Facebook Voir →« Tant pis, ça continuera sur YouTube. » C'est faux — et voici pourquoi, sans rien exagérer.
Le système Content ID de YouTube détecte automatiquement chaque extrait TV. La chaîne propriétaire choisit alors de bloquer la vidéo ou de l'encaisser à son profit — l'auteur du zapping, lui, ne touche rien.
Le plus courant : la vidéo est démonétisée ou bloquée automatiquement par Content ID (l'auteur ne touche rien). Et si la chaîne TV dépose des demandes de retrait répétées, trois « strikes » suffisent à supprimer la chaîne. Un zapping indépendant fait d'extraits télé ne tient donc pas dans la durée.
En France, l'exception de courte citation est admise pour le texte, quasiment pas pour l'audiovisuel — une anomalie française au regard du droit européen (arrêt Painer de la CJUE). Un montage critique d'images TV n'a donc presque aucune protection juridique.
Ce n'est pas une crainte abstraite. En 2021, la chaîne YouTube ZapTele2 — un zapping d'extraits télé — a été fermée par YouTube pour « infractions aux droits d'auteur », sans le moindre avertissement (≈3 000 abonnés et ≈7 M de vues, selon son auteur).
Et il joue franc-jeu : il reconnaît que son premier compte mélangeait zappings et séquences entières (« mea culpa »). Mais le second ne contenait que des zappings, qu'il estimait couverts comme revues de presse (art. L122-5) — et il était même Partenaire YouTube. Fermé quand même. C'est exactement la faille décrite plus haut : l'exception qu'il invoquait n'est presque pas reconnue pour l'audiovisuel.
Source : son témoignage, archivé sur la Wayback Machine →Le droit de citation existe — mais pour le faire respecter, il faut le poids d'une chaîne qui a une équipe de juristes solide. Pour « Vu », deux issues : qu'une autre chaîne reprenne l'équipe — elle aurait alors les juristes pour les défendre — ou qu'ils se dotent eux-mêmes d'une vraie force juridique pour survivre seuls. Sans l'une ni l'autre, retirer « Vu » de France Télévisions, c'est l'éteindre.
Sans exagérer : ces blocages relèvent d'abord du droit d'auteur et de l'économie de YouTube, pas nécessairement d'une volonté de faire taire. Mais le copyright peut être réclamé de façon sélective — et le résultat reste le même : le regard critique sur les médias s'éteint.
Une chaîne qui reprendrait « Vu » aurait, elle, les juristes pour le défendre. Seul sur YouTube, il faudrait à « Vu » une équipe juridique solide pour faire valoir le droit de citation face aux blocages.
Vous êtes juriste ou avocat·e et vous soutenez « Vu » ? Faites-vous connaître ci-dessous : nous transmettrons vos coordonnées à l'équipe de « Vu ».
La cause est budgétaire et politique — donc réversible. Voici les leviers réels, du plus rapide au plus institutionnel. Faites-en au moins un.
Trois pétitions « Vu » circulent déjà. Dispersées, elles ne pèsent rien. Rassemblons les signatures sur une seule — lancée parmi les premières (1er juin) et la plus signée. Signez, puis envoyez le lien à 5 personnes.
Compteurs relevés le 24 juin 2026 à 09h38 — total en temps réel sur Change.org.
Vous avez lancé l'une des deux autres pétitions ? Merci ! Le plus efficace est de rediriger vos signataires vers la référence — message tout prêt en modèle D.
Le régulateur veille au respect des missions de service public. Signalez que supprimer « Vu » affaiblit l'éducation aux médias inscrite au cahier des charges. Le fond compte plus que le nombre.
Alerter l'ARCOM →Députés et sénateurs votent le budget de l'audiovisuel public et auditionnent sa direction. Demandez à votre député d'interroger le ministère de la Culture. Modèle prêt ci-dessous.
Trouver mon député →Au-delà de Change.org, une pétition sur la plateforme de l'Assemblée nationale a une portée institutionnelle : 100 000 signatures → mise en visibilité, 500 000 → débat possible en séance.
Plateforme Assemblée →Rien ne fait reculer une chaîne comme la pression publique. Partagez cette page avec le mot-clé #SauvonsVu et taguez France 5, vos élus, les journalistes médias.
Ce site n'a de poids que s'il circule. Toi qui le lis : voici comment l'aider à se faire voir, en 2 minutes — du plus simple au plus efficace.
Envoie sauvons-vu.fr à 5 personnes en direct (SMS, mail, messagerie) et demande-leur d'en faire autant. Une adresse courte qu'on retient, ça circule tout seul.
Ne colle pas de lien (il est supprimé automatiquement). Écris l'adresse en toutes lettres — sauvons-vu.fr, ou encore mieux sauvons-vu point fr (écrire « point » au lieu du « . » déjoue souvent les filtres) — ou bien « cherchez sauvons vu ». Et varie ton texte à chaque fois pour ne pas passer pour un robot.
Un relais qui partage vaut mille messages isolés. Écris à — ou mentionne — l'Acrimed, le SNJ, Off-Investigation, Blast, Arrêt sur images, ou un·e journaliste médias. Message tout prêt juste en dessous. ↓
Un lien depuis ton blog, ta signature mail ou ta bio aide les gens à trouver le site et le fait remonter sur Google.
Le partage public passe souvent inaperçu. Ce qui marche vraiment : écrire directement aux personnes que tu suis (et qui te suivent) — un commentaire sous leur dernière publication, un message privé, une story qui les identifie. Un mot personnel — « toi qui tiens à une info libre, regarde ça » — pèse cent fois plus qu'un repartage anonyme. Vise large : proches, comptes engagés, journalistes et élus que tu suis. Message court tout prêt juste en dessous. ↓
📋 Messages tout prêts — copie, colle, envoie :
Bonjour, Je me mobilise parce que « Vu » (France 5) fait un travail d'intérêt public que l'État devrait assurer : analyser, chaque jour, ce qui se dit sur les chaînes de télévision françaises — le montage seul fait la critique, sans commentaire. Le dernier zapping critique du service public, héritier du « Zapping » de Canal+, ne devrait pas disparaître. Son dernier numéro est pourtant prévu le 30 juin. Tout est documenté, sources à l'appui (commission Alloncle, contexte de l'audiovisuel public) : sauvons-vu.fr Le sujet monte : une tribune de professionnels (SDJ de France Télévisions, Patrick Cohen, Pascale Clark, Pierre Lescure, Fabrice Arfi, Guillaume Meurice…) vient de paraître dans Télérama (23 juin) pour demander le maintien de l'émission. « Vu » me semble un symbole concret de ce que vous défendez — seriez-vous d'accord pour le relayer ? Merci, [votre nom ou pseudo]
Salut 👋 Toi qui tiens à une information libre, je te le dis directement : France 5 supprime « Vu », le dernier zapping critique du service public — dernier numéro le 30 juin. Des journalistes (la SDJ de France TV, Patrick Cohen, Pascale Clark, Pierre Lescure, Guillaume Meurice…) demandent son maintien dans une tribune (Télérama, 23/06). 30 secondes pour aider : cherche « sauvons vu » et signe la pétition. Et si ça te parle, transmets à ton tour 🙏
Copiez, personnalisez (ajoutez votre nom, votre commune), envoyez. Restez factuel et courtois : c'est plus efficace.
Objet : Suppression de l'émission « Vu » (France 5) et missions de service public Madame, Monsieur, Je souhaite alerter l'ARCOM sur la suppression annoncée de l'émission « Vu », diffusée sur France 5 et produite par France Télévisions, dont le dernier numéro est prévu le 30 juin 2026. Par son format de montage critique d'extraits issus de l'ensemble des chaînes, « Vu » constitue un outil rare d'éducation aux médias et de développement de l'esprit critique. À ce titre, elle participe directement aux missions de service public et aux obligations inscrites au cahier des charges de France Télévisions, notamment en matière de pluralisme et d'éducation aux médias et à l'information. Cette inquiétude est partagée au sein même de la profession : le 23 juin 2026, une tribune publiée dans Télérama — signée notamment par la Société des journalistes de France Télévisions, Patrick Cohen, Pascale Clark et Pierre Lescure — a appelé la direction du groupe à revenir sur sa décision. Je demande à l'ARCOM d'examiner en quoi cette suppression affaiblit l'exécution de ces missions, et d'en tenir compte dans son dialogue avec France Télévisions ainsi que dans son rapport annuel sur l'exécution du cahier des charges. Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de ma considération distinguée. [Votre nom]
Objet : Maintien de l'émission « Vu » et financement du service public audiovisuel Madame la Députée, Monsieur le Député, [ou Madame la Sénatrice, Monsieur le Sénateur] Citoyen·ne de votre circonscription, je vous alerte sur la suppression de l'émission « Vu » (France 5), dont le dernier numéro est prévu le 30 juin 2026. Cette décision, justifiée par la baisse de la dotation de l'État à France Télévisions, sacrifie l'un des rares programmes consacrés au regard critique sur les médias. L'inquiétude dépasse les seuls téléspectateurs : le 23 juin 2026, une tribune publiée dans Télérama, signée notamment par la Société des journalistes de France Télévisions, a demandé le maintien de l'émission. Je vous demande de bien vouloir : — interroger le ministère de la Culture sur l'impact des coupes budgétaires sur les missions de service public de France Télévisions ; — porter ce sujet devant la commission des affaires culturelles de votre assemblée ; — soutenir un financement permettant de préserver ces programmes d'éducation aux médias. Je vous remercie de l'attention portée à cette demande citoyenne et vous prie d'agréer l'expression de mon respect. [Votre nom — votre commune]
📺 France 5 supprime « Vu », le dernier zapping critique du service public. Dernier numéro le 30 juin 2026. Des journalistes demandent son maintien dans une tribune (Télérama, 23/06) : SDJ de France TV, P. Cohen, P. Clark, P. Lescure, F. Arfi, G. Meurice, C. Vanhoenacker… Ne laissons pas s'éteindre le regard critique sur les médias. Signez et partagez 👉 [collez le lien de cette page] #SauvonsVu @France5tv
Bonjour, Merci d'avoir lancé une pétition pour sauver « Vu » — nous sommes dans le même camp. Pour que notre voix porte vraiment, je vous propose de concentrer toutes les signatures sur une seule pétition, la plus avancée : 👉 https://www.change.org/p/sauvons-vu-sur-france-5 Concrètement : postez une mise à jour sur votre pétition invitant vos signataires à signer aussi la pétition de référence, avec le lien ci-dessus. Trois pétitions à 200 signatures pèsent bien moins qu'une seule à 1 000. On unit nos forces ? Bien à vous, [Votre nom]
Une idée pour faire reculer la décision ? Envoie-la. Les propositions arrivent dans un tableau de bord privé — elles ne sont pas publiées : c'est l'équipe qui les lit et relaie les meilleures.
Échanger, proposer et coordonner les actions en groupe.